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IO2 Les Spectacles de la Foire.
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pour tels; or, non-feulement on doit payer à l'ancien propriétaire ou baillifte tous les objets dont il fe fervoit et qu'on veut reprendre et qu'on reprend effectivement ; mais on lui doit encore des indemnités pour les pertes et le changement qu'on lui occafionne. Les indemnités font dues en proportion des peines qu'il a prifes, des rifques qu'il a courus pour améliorer la chofe et de l'avantage' réel qu'il a procuré. Le fuppliant et fés affociés qui ont fait revivre le fpcctacle de Léclufe par le choix des auteurs et des. acteurs, par leur intelligence, leurs peines, leurs foins, leur probité, font bien dans cette circonftance. Les fommes que les fieurs Gaillard et Dorfeuille leur devroient pour cet objet feroient confidérables fi le fuppliant réclamoit Ies indemnités qui font dues au propriétaire évincé ; mais il veut bien fe borner à celles dues aux bailliftes. C'eft au moins ce qu'il a droit de prétendre ; car, quand on fuppoferoit, ce qui ne peut être, que la durée du privilège des fupplians n'eût pas été de 15 ans, au moins ne pourroit-on refufer de convenir qu'elle devoit être auffi longue que le bail qui leur a été fait fous les yeux et du confentement du lieur Lieutenant général de police, de la falle des Élèves de l'Opéra. Tout ce que le magiftrat fait en cette qualité eft, comme on le prouve, cenfé émaner de l'autorité fouveraine, et comme il a confenti que les fuppHans fiffent un bail de neuf ans pour exercer le privilège qui leur étoit accordé d'exploiter le fpcctacle des Variétés-Amufantcs, il faut en conclure que ce magiftrat, et conféquemment le gouvernement, a reconnu que ce privilège étoit au moins de 9 années : or, l'ufage du Parlement de Paris, qui fert comme de droit commun, eft d'accorder à ceux qui font dépoffédés d'un bail fimple, une indemnité compofée de la moitié du revenu annuel du bail. Quel étoit donc le produit annuel du bail du privilège des Variétés-Amufantes lors de fa deftruction arrivée le 18 feptembre pour le Ier octobre 1784 ? Le voici : il étoit payé par année au lieur Léclufe 4,0001.; à l'Opéra, pour Ies dernières années, 11,576 1.; les hôpitaux ont retiré 51,000 L; les baux des trois fallcs étoient de 10,000 I. Ces quatre fommes formoient alors le prix du bail et montent à 76,376 1. La dernière année étoit donc de 38,188 1. Il feroit donc jufte que les fieurs Gaillard et Dorfeuille payent cette fomme aux fupplians. Mais la quatrième ct dernière efpèce d'indemnité que les fupplians réclament n'eft ni moins jufte, ni moins favorable que les autres. Elle dérive de l'augmentation que le fuppliant et fes affociés ont fait des revenus de l'Opéra et des fecours qu'ils ont donnés aux hôpitaux. D'un côté, l'Opéra ne retiroit ci-devant du fpectacle dont ils avoient le privilège que 12,000 1, par année, il en doit retirer à l'avenir 30,000 I. et, fuppofant toujours que ce privilège n'eût duré qu'autant que le bail fait aux fupplians par les ordres du fleur Lieutenant général de police, cette augmentation produira de plus au bout de 8 années et demie 158,306 et pour les fix autres années fuivantes et neuf mois 121,054 1. L'Opéra retirera donc pendant 15 ans et trois mois que doit durer le privilège des fieurs Gaillard et Dorfeuille, de plus que par le paffé, 279,360 1. D'un autre côté, les hôpitaux ont retiré et retireront annuellement du fpectacle des
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